Accusée d’utiliser des armes chimiques depuis le début du conflit sur son territoire, la Syrie prendra la tête de la Conférence de désarmement à Genève du 28 mai au 24 juin 2018.

Créée en 1979 comme « unique instance multilatérale de négociation en matière de désarmement de la communauté internationale », la Conférence de désarmement participe aujourd’hui à la résolution des problèmes liés à l’armement et au désarmement. Comme l’indique le site internet de la Conférence, le mandat actuel de celle-ci est concentré autour :

  • de la cessation de la course aux armements et désarmements nucléaires ;
  • de la prévention de la guerre nucléaire, y compris toutes les questions connexes ;
  • de la prévention d’une course aux armements dans l’espace ;
  • des arrangements internationaux efficaces pour garantir aux États non dotés d’armes nucléaires la protection contre l’emploi ou la menace de l’emploi d’armes nucléaires ;
  • des nouveaux types d’armes de destruction massive et nouveaux systèmes de ces armes, y compris les armes radiologiques ;
  • d’un programme global de désarmement et de transparence en matière d’armements.

Par ailleurs, la Conférence de désarmement des Nations-unies a notamment pris part à la négociation des accords multilatéraux de limitation des armements et désarmement les plus importants. On compte notamment la participation au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, à la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, au Traité interdisant de placer des armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive sur le fond des mers et des océans ainsi que dans leur sous-sol, à la Convention sur l’interdiction des armes biologiques, à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

La présidence de la Syrie pourrait-elle ralentir le travail de la Conférence ?

Grâce à cette Conférence des avancées considérables ont vu le jour. La présidence de la Syrie pourrait-elle ralentir le travail de la Conférence ? C’est l’une des plus grandes inquiétudes que nous pourrions avoir. L’Organisation des Nations Unies s’apprêtent à vivre de violentes critiques quant à cette présidence. Sur fond d’hypocrisie, gardons à l’esprit que le principe de la présomption d’innocence a valeur universelle.

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« Malgré les accusations selon lesquelles elle a perpétré une autre attaque meurtrière à l’arme chimique samedi, la Syrie présidera le mois prochain la Conférence des Nations Unies sur le désarmement qui a produit le traité interdisant les armes chimiques, ce qui suscite des appels à la sortie des États américains et de l’UE ». Hillel Neuer, Directeur général de UN Watch.

Pourquoi la Syrie préside-t-elle cette Conférence ?

Pour comprendre pourquoi la présidence de la Conférence de désarmement revient à la Syrie, il convient de se référer au Règlement intérieur de la Conférence. Au point 7 du paragraphe III nommé « Session », il est dit que « la conférence tient une session annuelle, divisée en trois parties d’une durée respective de dix semaines et de deux fois sept semaines ». Par ailleurs, les quatre points du paragraphe IV « Présidence » vont nous permettre de mieux comprendre l’élection de la Syrie à ce poste. Ainsi au point IV.9 on peut lire que « Est adoptée la rotation qui a commencé en janvier 1979, selon l’ordre alphabétique anglais de la liste des membres ». L’élection d’un membre à la présidence de la Conférence se fait donc par ordre alphabétique.

« le Président, agissant en pleine consultation avec la Conférence et sous son autorité, représente la Conférence dans les relations de celle-ci avec les États, avec l’Assemblée générale et les autres organes des Nations Unies, ainsi qu’avec les autres organisations internationales »

Quant au point IV.11, celui-ci évoque les fonctions exercées par le Président. Si la rédaction de ce point laisse à désirer, il convient de noter que « le Président, agissant en pleine consultation avec la Conférence et sous son autorité, représente la Conférence dans les relations de celle-ci avec les États, avec l’Assemblée générale et les autres organes des Nations Unies, ainsi qu’avec les autres organisations internationales ». Cette fonction de représentant qui va donc revenir à la Syrie pendant un temps laisse donc perplexe. On regrette l’absence au sein du Règlement d’une disposition spéciale qui rendrait possible la mise à l’écart d’un État membre du poste de Président, lorsque celui-ci est au coeur d’une enquête relative à l’utilisation d’arme chimique.

« Le fait que le régime syrien de Bachar al-Assad préside au désarmement mondial en matière d’armes chimiques et nucléaires reviendrait à confier à un violeur en série la responsabilité d’un refuge pour femmes. @UNWatch organisera des manifestations de protestation dans la salle de l’ONU avec les victimes syriennes des attaques à l’arme chimique d’Assad. »

Sources :

http://www.lalibre.be/actu/international/la-syrie-presidera-la-conference-du-desarmement-de-l-onu-malgre-les-soupcons-d-utilisation-d-armes-chimiques-5ace0880cd709bfa6b4e36fb#.Ws9z4g0mtTg.facebook
https://www.unog.ch/unog/website/disarmament.nsf/(httpPages)/E5D7164A1B3FF15AC125795A0053A01E?OpenDocument&unid=2D415EE45C5FAE07C12571800055232B
https://www.un.org/disarmament/fr/le-desarmement-a-geneve/