Le 25 septembre 2018, 146 Etats membres de l’ONU ont adopté, en marge de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, une déclaration d’engagement intitulée « Action pour le maintien de la la paix » dans le but de rendre les 14 opérations de maintien de la paix (OMP) actuelles « plus efficaces, plus sûres et, surtout, plus réalistes »(1).

 

1° Rappels du rôle du Conseil de sécurité des Nations Unies et des casques bleus

Pour premier rappel, la Charte des Nations Unies signée le 26 juin 1945 confère au Conseil de sécurité des Nations Unies, la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales(2) et peut prendre une série de mesures dont la création d’opérations de maintien de la paix. Pour cela, le Conseil de sécurité se fonde sur plusieurs chapitres de la Charte à savoir les Chapitres VI (règlement pacifique des différends), VII (action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’actes d’agression) et VIII (participation de dispositifs et d’arrangements régionaux dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales). A l’origine, le Conseil de sécurité se référait au Chapitre VI relatif au règlement pacifique des différends car ces OMP ont été imaginées comme des actions non coercitives, des actions pacifiques. Mais ce n’est qu’à partir des années 90 que le Conseil va inscrire ces opérations dans le Chapitre VII considérant que cette base correspond plus à la réalité du terrain qui permet de mener des actions coercitives.

De 1948, date de la première opération de maintien de la paix (ONUST), jusqu’à aujourd’hui, les OMP ont évoluées au gré de l’histoire, des rapports de force politique entre les puissances siégeant au Conseil de sécurité.

Opérations de maintien de la paix, 2017

 

 

*Le mandat de la MINUL a pris fin le 26 mars 2018. 

 

 

 

Pour second rappel, les soldats et policiers sont avant tout membres de leurs propres forces armées nationales et ne sont que détachés pour travailler avec l’ONU. Il n’existe pas d’armée onusienne. Les casques bleus n’existent que sur la base volontaire des états. Leur mission est d’assurer la sécurité et apporter le soutien politique nécessaire à la consolidation de la paix en aidant les pays à passer l’étape difficile de la transition vers la paix(3).

 

2° L’adoption nécessaire de la déclaration d’engagement “Action pour le maintien de la paix”

“Action pour le maintien de la paix”(4) est une déclaration d’engagement qui a été adopté par plus de trois quarts des pays du monde. Elle a fait intervenir sur ce sujet de nombreux états et également des organisations internationales et régionales. C’est un document sans valeur contraignante mais qui a un fort impact politique. Le Secrétaire général, Antonio Guterres a souligné le défi le plus fondamental pour les OMP qui est “le fossé entre les aspirations et la réalité”.

En effet, les opérations de maintien de la paix se heurtent à des réalités complexes de divers ordre :

  1. Politique : elles dépendent des positions politiques des états siégeant au Conseil de sécurité en particulier des cinq membres permanent disposant d’un droit de véto(5).
  2. Opérationnelles : selon le Secrétaire général, les mandats du Conseil de sécurité ne sont pas assez réalistes, les objectifs assignés aux missions semblent être imprécis… La réussite des opérations de l’ONU n’est jamais garantie parce que celles-ci se déroulent, par définition, dans des environnements difficiles d’un point de vue tant physique que politique(6)
  3. Financières : les Etats-Unis, premier contributeur au budget des opérations de maintien de la paix ont annoncé la réduction de leur participation financière passant de 28,5% à 25% de leur budget alloué.

 

3° L’Avenir des OMP : le partenariat avec l’Union africaine (UA)

Sur les 14 OMP actuelles, 8 d’entre elles se déroulent sur le territoire africain. L’Union africaine est devenue, selon le Secrétaire général, le « partenaire stratégique le plus important de l’ONU »(7). Le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine collaborent ensemble sur les questions de paix et de sécurité en Afrique.

Suite à la seconde Conférence annuelle ONU-Union africaine, qui s’est tenue le 9 juillet dernier en Éthiopie, une réunion a eu lieu faisant le point sur l’état de son partenariat avec l’UA qui est à la tête de plusieurs opérations et initiatives de paix sur le continent africain. Dans le rapport de cette réunion, la Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (BNUUA), Mme Sahle-Work Zewde Zerefa, a affirmé qu’“Avec l’appui de l’ONU, le Conseil de paix et de sécurité a effectué des missions au Burundi, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, ce qui lui a permis d’apprécier par lui-même la situation sur le terrain et d’en tenir compte dans ses décisions”(8). Toutefois, cette organisation se heurte à un besoin de financement de la part des Nations Unies puisqu’elle peine à financer 25 %  de ses opérations.

Par exemple, la MINUAD est une opération hybride de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour mais peine à avoir un financement suffisant pour mener à bien leurs opérations.

Sources :

  1. https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2018-03-28/secretary-generals-remarks-security-council-high-level-debate
  2. Article 24, 1) de la Charte des Nations Unies
  3. https://peacekeeping.un.org/fr/what-is-peacekeeping
  4. Déclaration d’engagement (PDF) : https://peacekeeping.un.org/sites/default/files/a4p-declaration-fr.pdf – https://peacekeeping.un.org/fr/action-for-peacekeeping-a4p
  5. Lors de la guerre froide, le Conseil de sécurité est resté la plupart du temps paralysé par le recours au droit de véto par les grandes puissances appartenant à l’un ou l’autre bloc.
  6. Ibid.
  7. https://www.un.org/press/fr/2018/cs13428.doc.htm
  8. Nations Unies, Conseil de sécurité (2018). Rapport du Secrétaire général sur le renforcement du partenariat entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine sur les questions de paix et de sécurité en Afrique, notamment sur les activités du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine. 6 juillet. S/2018/678. http://undocs.org/fr/S/2018/678

Pour plus d’informations sur les opérations de maintien de la paix : http://www.un.org/fr/peacekeeping/documents/capstone_doctrine_fr.pdf (2008)