Un groupe de 25 juristes a publié mardi 25 septembre une note adressée à Antonio GUTERRES, le Secrétaire Général de l’ONU. L’objectif de ce message est simple: alerter sur les risques que présenterait une reconstruction hâtive de la Syrie.
 
En effet, la Syrie est en proie à une guerre sanglante qui a fait entre 350 000 et 500 000 victimes selon les sources1 depuis 2011. Les dégâts sont immenses et la Syrie et ses alliés ne sont pas en mesure de faire face à eux seuls aux coûts de la reconstruction du pays2.
 
Ce groupe de juriste considère que tout entité publique ou privée qui interviendrait en Syrie pour financer ou intervenir matériellement dans la reconstruction des infrastructures du pays risquerait de se rendre coupable de possibles violations des règles internationales de protection des droits de l’homme.
 
Cette prise de position soutient que toute reconstruction de la Syrie devra se faire après des changements profonds et structurels du régime garantissant le respect des droits fondamentaux et s’assurant que les fonds éventuellement prêtés au régime ne seront pas utilisés d’une manière qui contreviendrait au droit international des droits de l’homme.
 
Défendre une telle position paraît avisé, autant sur le plan juridique que politique. Toutefois, aborder la question de la reconstruction en Syrie alors que la guerre y fait toujours rage et que les victimes continuent de s’accumuler semaines après semaines laisse à penser que la transition vers un régime politique qui assurerait le respect des droits les plus essentiels de sa population est encore bien loin d’être amorcée.
 
L’on conclura que le risque existe bien, et que la violation des droits de l’homme pourrait bien se traduire par une sanction politique et une mise en cause de la responsabilité éthique et morale de tout État ou entreprise intervenant dans la reconstruction d’un pays toujours très liberticide.
 
Sources :